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  • Timide, mais se soigne…

    Comment aider un enfant à retrouver confiance en lui, à surmonter sa timidité?

    Gérard est mal dans ses baskets. Il manque d'aisance et d'assurance dans ses rapports avec autrui, perd ses moyens en public, n'arrive pas à s'intégrer à un groupe. Il rougit, bégaie, tremble… Il est maladroit aussi. Comme bon nombre de filles et de garçons, Gérard souffre d'un trouble qui le handicape et empoisonne son existence: la timidité!

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    «Le terrain propice, c'est en général l'enfant très intelligent et très sensible qui réagit assez fortement aux stimuli de son entourage», précise Marie-France Muller, docteur en psychologie et naturopathie.

     

    Un gosse - à qui l'on dit et répète qu'il est nul et n'arrivera jamais à rien, ou que l'on surprotège, ou encore que l'on élève à la dure - risque bien de venir grossir les rangs des timorés et des complexés en perte d'estime d'eux-mêmes.

    D'autant plus que la timidité est un défaut pas toujours suffisamment combattu parce que socialement bien accepté… Discret, le timide est souvent considéré comme un enfant sage et bien élevé. «C'est le gamin gentil et effacé. Il ne pose pas de problème et ne la ramène pas», ajoute notre interlocutrice, auteur notamment de L'enfant timide et de Timide, moi? Plus jamais! (Editions Jouvence).

    Ça s'aggrave avec l'âge

    Pas de doute cependant, Gérard a besoin d'un sérieux coup de main pour surmonter sa difficulté d'être. En effet, tout risque d'aller en s'aggravant avec l'âge s'il n'est pas épaulé, encouragé. Même sa vie d'adulte pourrait alors s'en ressentir, voire s'en trouver complètement gâchée, faussée! Et cela en dépit de capacités pourtant tout à fait réelles.

    «Dans 90% des cas, ce sont les parents qui sont les plus aptes à aider leur enfant à épanouir ses véritables talents pour qu'il soit bien dans sa peau et réussisse», estime Marie-France Muller. Oui, mais comment? «Un timide, qui se sentira déjà aimé et accepté, verra une grande partie de son angoisse disparaître, répond la psy. A partir de ce moment-là, il sera possible de reconstruire.»

    Il s'agit ensuite de forcer Gérard - mais pas trop quand même - à aller vers les autres, à assumer des situations qu'il a tendance à fuir. Par exemple, en lui confiant progressivement et à doses homéopathiques des responsabilités, en invitant ses copains à la maison, et en l'inscrivant - en fonction de ses intérêts et compétences - à une activité sportive (bons plans: aïkido, équitation, natation) ou artistique (théâtre, peinture).

    «Il faut lui donner toutes les occasions de réussir, le pousser toujours plus loin mais en s'assurant à l'avance du succès de l'entreprise, préconise Marie-France Muller. Donc, monter un échelon après l'autre, souligner les progrès (sans mentir) et dédramatiser les inévitables échecs (nul n'est parfait!).» Gérard est timide, mais il se soigne…

     

    Blocages

    Puberté rime très souvent avec timidité. Si l'ado en souffre un peu, c'est normal. En revanche, s'il en bave, s'il croule sous l'expression de ses traumatismes émotionnels, c'est inquiétant! «Il faut s'en préoccuper très sérieusement dès que cela paraît, parce qu'il y a véritable risque de fuite vers la drogue ou autres choses de ce type-là», prévient Marie-France Muller.

    Le hic, c'est qu'à cet instant de la vie, les rapports parents-enfants ne sont généralement pas au beau fixe (le climat familial est plutôt à l'orage ou à la tempête!). La communication est difficile. «Il est rare que les parents puissent faire quelque chose durant cette période, confirme la psychologue française. Il vaut donc la peine de demander conseil à un thérapeute.»