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By Aurèle

  • L'adoption monoparentale

    L'adoption monoparentale est autorisée par le Code civil. Un récent jugement du Tribunal fédéral en précise les contours

    Recueillir un enfant chez soi, l'élever pendant deux ans pour ensuite l'adopter. C'est théoriquement envisageable même si la future maman ou le futur papa n'est pas marié et vit seul.

    Célibataires, veuves ou veufs, divorcées ou divorcés doivent être âgés de 35 ans. Ce cap franchi, il leur faut une volonté inébranlable pour mener à bien la procédure et convaincre les autorités tutélaires que leur démarche répond à l'exigence essentielle posée par la loi à toute adoption: celle du bien de l'enfant.

    D'autant que les conditions posées à l'autorisation d'adopter seul(e), ou plutôt d'accueillir un enfant en vue de son adoption, laissent une très large place aux querelles d'interprétation.

    Qu'il s'agisse du degré de disponibilité du futur parent, de ses aptitudes éducatives, de sa situation financière et des conditions de logement offertes à l'enfant. Ou encore de la différence d'âge souhaitable entre celui qui adopte et l'adopté.

    Un jeune cadre à l'agenda débordé n'a pas les meilleures cartes. Ni une superwoman constamment prise entre deux rendez-vous d'affaires. Tous deux risqueraient de devoir radicalement changer leurs habitudes si la fantaisie leur prenait de vouloir adopter seul(e). Du point de vue de la disponibilité requise pour l'enfant, leur demande n'a guère de chances de succès.

    46 ans? Pas trop âgé!

    Un job à mi-temps, en revanche, paraît plus compatible avec les exigences d'une adoption monoparentale. Un tel emploi garantit assez de temps pour s'occuper de l'enfant, a jugé tout récemment le Tribunal fédéral. Avec cette décision, les juges fédéraux ont comblé les espoirs d'une femme médecin. Agée de 46 ans, cette doctoresse a pu accueillir un enfant vietnamien de 2 ans, après s'être heurtée à l'opposition des autorités tutélaires de Genève.

    Cumulée avec son statut d'indépendante, son activité à 50% se révèle compatible avec une prise en charge optimale de l'enfant, ont estimé les juges dans leur arrêt.

    La demande paraissait pourtant mal barrée. Les autorités genevoises trouvaient que la doctoresse était trop âgée. Avoir un enfant de 2 ans à l'âge de 46 ans, c'était «assimiler l'adoption à un rapport filial entre des personnes séparées par une génération manquante.» «Une circonstance de nature à nuire à l'équilibre psychologique de l'enfant», soutenait l'autorité de surveillance des tutelles.

    Moins catégorique, le Tribunal fédéral juge qu'il convient d'éviter tout schématisme. Même si la différence d'âge entre les futurs parents adoptifs et l'enfant est de plus de quarante ans, l'établissement d'un rapport normal de filiation ne lui paraît pas d'emblée exclu.

    Il restait à vérifier que la doctoresse ait les aptitudes éducatives requises au sens de l'ordonnance du Conseil fédéral réglant le placement d'enfants. Fallait-il notamment exiger une expérience éducative? Non, a jugé le Tribunal fédéral. Car le contraire reviendrait à empêcher les couples sans enfant d'adopter.

    Les magistrats ont donc donné leur feu vert, non pas à l'adoption, mais au «placement en vue d'adoption». D'une durée de deux ans, il constitue un véritable délai d'épreuve. Dont le déroulement reste décisif pour tous les cas d'adoption, et pas seulement quand elles sont monoparentales. Celles-ci concernent, selon les dernières statistiques, tout juste 2,1% des demandes.

     

    Couples homos

    La loi réserve l'adoption conjointe aux couples mariés. Il est donc exclu que deux femmes ou deux hommes adoptent ensemble un enfant. Si l'adoption conjointe leur est impossible, il reste l'adoption par un des deux partenaires, soit l'adoption par une personne seule, telle qu'elle est prévue par le Code civil. Mais l'interprétation des conditions posées par la loi, et notamment celle de la notion du bien de l'enfant, risque de s'opposer à une telle demande posée ouvertement.

    En France, certaines cours ont dénié le droit d'adopter à des homosexuels en invoquant leurs mœurs. De tels refus pourraient cependant être attaqués pour discrimination devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg.

    Femme séparée

    Séparation ne rime pas avec adoption. Le droit d'adopter un enfant se complique singulièrement pour une femme ou pour un homme qui décide de vivre séparé de son conjoint. Une simple suspension de la vie commune rend impossible toute adoption. La loi est claire. Une adoption par un conjoint vivant séparé n'est possible qu'au terme de trois ans de séparation de corps.

    Le Tribunal fédéral a ainsi rejeté la demande d'une épouse séparée. Après que son mari avait quitté le domicile conjugal, elle s'était retrouvée seule avec une fillette placée précédemment en vue d'adoption dans son foyer.

    Pour pouvoir adopter seule, elle devrait divorcer, ce qu'elle refuse, ou accepter une séparation de corps et patienter trois ans.

  • Timide, mais se soigne…

    Comment aider un enfant à retrouver confiance en lui, à surmonter sa timidité?

    Gérard est mal dans ses baskets. Il manque d'aisance et d'assurance dans ses rapports avec autrui, perd ses moyens en public, n'arrive pas à s'intégrer à un groupe. Il rougit, bégaie, tremble… Il est maladroit aussi. Comme bon nombre de filles et de garçons, Gérard souffre d'un trouble qui le handicape et empoisonne son existence: la timidité!

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    «Le terrain propice, c'est en général l'enfant très intelligent et très sensible qui réagit assez fortement aux stimuli de son entourage», précise Marie-France Muller, docteur en psychologie et naturopathie.

     

    Un gosse - à qui l'on dit et répète qu'il est nul et n'arrivera jamais à rien, ou que l'on surprotège, ou encore que l'on élève à la dure - risque bien de venir grossir les rangs des timorés et des complexés en perte d'estime d'eux-mêmes.

    D'autant plus que la timidité est un défaut pas toujours suffisamment combattu parce que socialement bien accepté… Discret, le timide est souvent considéré comme un enfant sage et bien élevé. «C'est le gamin gentil et effacé. Il ne pose pas de problème et ne la ramène pas», ajoute notre interlocutrice, auteur notamment de L'enfant timide et de Timide, moi? Plus jamais! (Editions Jouvence).

    Ça s'aggrave avec l'âge

    Pas de doute cependant, Gérard a besoin d'un sérieux coup de main pour surmonter sa difficulté d'être. En effet, tout risque d'aller en s'aggravant avec l'âge s'il n'est pas épaulé, encouragé. Même sa vie d'adulte pourrait alors s'en ressentir, voire s'en trouver complètement gâchée, faussée! Et cela en dépit de capacités pourtant tout à fait réelles.

    «Dans 90% des cas, ce sont les parents qui sont les plus aptes à aider leur enfant à épanouir ses véritables talents pour qu'il soit bien dans sa peau et réussisse», estime Marie-France Muller. Oui, mais comment? «Un timide, qui se sentira déjà aimé et accepté, verra une grande partie de son angoisse disparaître, répond la psy. A partir de ce moment-là, il sera possible de reconstruire.»

    Il s'agit ensuite de forcer Gérard - mais pas trop quand même - à aller vers les autres, à assumer des situations qu'il a tendance à fuir. Par exemple, en lui confiant progressivement et à doses homéopathiques des responsabilités, en invitant ses copains à la maison, et en l'inscrivant - en fonction de ses intérêts et compétences - à une activité sportive (bons plans: aïkido, équitation, natation) ou artistique (théâtre, peinture).

    «Il faut lui donner toutes les occasions de réussir, le pousser toujours plus loin mais en s'assurant à l'avance du succès de l'entreprise, préconise Marie-France Muller. Donc, monter un échelon après l'autre, souligner les progrès (sans mentir) et dédramatiser les inévitables échecs (nul n'est parfait!).» Gérard est timide, mais il se soigne…

     

    Blocages

    Puberté rime très souvent avec timidité. Si l'ado en souffre un peu, c'est normal. En revanche, s'il en bave, s'il croule sous l'expression de ses traumatismes émotionnels, c'est inquiétant! «Il faut s'en préoccuper très sérieusement dès que cela paraît, parce qu'il y a véritable risque de fuite vers la drogue ou autres choses de ce type-là», prévient Marie-France Muller.

    Le hic, c'est qu'à cet instant de la vie, les rapports parents-enfants ne sont généralement pas au beau fixe (le climat familial est plutôt à l'orage ou à la tempête!). La communication est difficile. «Il est rare que les parents puissent faire quelque chose durant cette période, confirme la psychologue française. Il vaut donc la peine de demander conseil à un thérapeute.»